Le serment du Jeu de paume, par Jacques-Louis David, Versailles, musée National du Château
Au premier plan du tableau, devant la table où Bailly est monté pour lire le serment, on peut voir un groupe de trois députés, debout en train de se congratuler. Deux sont facilement identifiables par leur habit ecclésiastique : à gauche, le moine chartreux Dom Gerle député suppléant de Riom, qui ne siègera en fait qu’à partir de décembre 1789 et ne participait donc pas à la séance du 20 juin ; au centre l’abbé Grégoire ; le troisième personnage est le pasteur protestant Rabaut Saint Etienne. Tous trois sont des figures connues de l’Assemblée. La signification de ce trio amical placé en position très centrale et à l’avant scène, est double : il s’agit d’abord de mettre le serment du jeu de paume sous la protection conjointe des cultes religieux du royaume qui forment ensemble une image de la divinité à la façon du XVIII siècle. L’autre idée est celle de la réconciliation des cultes en la fraternité retrouvée de la Nation et même du genre humain. Dom Gerle et Rabaut Saint-Etienne se serrent chaleureusement la main. Ces retrouvailles entre les adversaires patentés, fils du même Jésus Christ, ont un intercesseur : l’abbé Grégoire qui rapproche de ses bras passés sur leurs épaules les deux protagonistes, tandis que le pasteur, de son côté, le tient aussi de la même façon. David exprime ainsi le rôle réconciliateur de la nouvelle Eglise constitutionnelle, espoir qui, au moment où il travaille à sa composition, est au cœur de l’actualité.