L’EGLISE ET LE « JUGEMENT DE DIEU »
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L’Eglise a toujours condamné les ordalies sans vraiment pouvoir les empêcher.
Deux motifs de condamnation :
<o:p> </o:p>- la cruauté des épreuves infligées au patient (or, ecclesia abhorret a sanguine, l’Eglise a horreur du sang)
- le prétendu jugement de Dieu tente de percer ses desseins ; mais l’homme ne peut provoquer l’intervention divine dans les affaires temporelles car les jugements de Dieu sont insondables.
Faute de pouvoir les empêcher, l’Eglise a christianisé ces épreuves d’origine païenne (célébration d’une messe, bénédiction des éléments de l’épreuve…), à l’exception du duel judiciaire car les clercs y sont très hostiles (sanctions spirituelles graves encourues par les parties à un duel judiciaire).
- hostilité des évêques carolingiens (ex : Agobard de Lyon)
- le Pape Nicolas 1er en 867 déclare que le duel judiciaire est « contraire à la loi de Dieu »
→ condamnations inefficaces : aux Xe et XIe siècles, on voit même des monastères recourir à l’ordalie et au duel pour défendre leurs droits. C’est seulement à partir du XIIe que l’hostilité de l’Eglise commence à faire reculer l’ordalie.
- 1215 : le Concile Latran IV interdit aux clercs d’y participer
- les Décrétales de Grégoire IX au XIIIe prohibent de façon générale le recours à ce type de preuve « car elles font bien souvent condamner l’innocent et c’est tenter Dieu » (il s’agit donc d’un sacrilège).