• Fiche - De l'intérêt et de l'applicabilité des théories pluralistes dans les sociétés modernes

    De l'intérêt et de l'applicabilité des théories pluraliste

    dans les sociétés modernes

     

    Il ne faut pas attendre de réponses concrètes sur les modalités d'organisation d'un tel système chez nous (en particulier en France).

    Pour des sociétés monistes comme la notre, les anthropologues du droit n'ont à proposer que des « pistes théoriques ».

    Pourquoi?

    Parce que notre société refuse le pluralisme ; juristes et politiques demeurent profondément attachés à cette conception moniste de la société (monisme sociologique) et du droit (monisme juridique). L'anthropologue n'a donc à sa disposition aucun exemple concret à proposer.

     

    Quel peut donc être l'intérêt de ces développements et plus généralement de cette approche anthropologique pluraliste de la norme dans les sociétés modernes?

    • Il y a d'autres sociétés modernes qui ont adopté ce système pluraliste (en Amérique du Nord par exemple); c'est d'ailleurs là-bas que la recherche est la plus poussée sur le thème du pluralisme juridique.

    • Il s'agit pour nous (occidentaux attachés au monisme) de susciter une réflexion sur le droit, de nous montrer qu'on peut le penser et le définir autrement qu'à travers le prisme de la loi.

    • Il s'agit enfin, dans un système en crise, de proposer des solutions qui demeurent théoriques faute de mise en oeuvre.

    Car une chose est de concevoir, une autre est de mettre en oeuvre.

    On peut en effet concevoir, en théorie, que des groupes socialement et culturellement différenciés soient créateurs de droit.

    En revanche, ni l'Etat, ni les juristes, ni les mentalités ne sont aujourd'hui prêts à le reconnaître, donc à le mettre en oeuvre.

    A cela deux raisons:

    • l'attachement « historique » - donc culturel - et technique au système moniste

    • des mentalités qui continuent à percevoir toutes les différences (celles que les anthropologues classent en « complémentaires » ou « antagonistes ») comme des antagonismes insurmontables. La différence, quelle qu'elle soit, est généralement envisagée comme une source de division, de désunion de la société; elle est difficilement perçue comme une richesse, une complémentarité.

    Conséquence: en France (mais aussi ailleurs), l'unité de la société globale passe nécessairement par l'uniformité imposée et non par la reconnaissance et l'organisation des différences (recherche de « l'unité dans la diversité », servie par le pluralisme sociologique et juridique).


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